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#381- Interview Des Pépites - Nexus

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Les Pépites Tech
11/05/2026

Interview de François Lance, fondateur de Nexus

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1.    Présentez votre pépite en quelques mots. Quelle est votre proposition de valeur ?

Nexus est une application mobile de mise en relation professionnelle entre talents, entrepreneurs, freelances, étudiants et entreprises.

L'objectif est simple : permettre à chacun de trouver rapidement les bonnes personnes pour avancer sur un projet, recruter, collaborer ou développer son réseau professionnel.
Aujourd'hui, quand on cherche un associé, un développeur, un marketeur, un avocat, un freelance ou même une alternance, on passe souvent par plusieurs plateformes, des recherches Google, LinkedIn ou du bouche-à-oreille. C'est long, passif, et souvent peu efficace.

Avec Nexus, je veux rendre la rencontre professionnelle plus directe, plus ciblée et plus humaine. L'application fonctionne autour de profils enrichis, de filtres précis, d'un système de matching et d'une messagerie intégrée. L'idée est de passer d'un réseau passif, où l'on attend d'être vu, à un réseau actif, où l'on peut réellement trouver les bonnes personnes selon ses besoins, ses compétences, sa localisation et ses objectifs.

2.    Comment avez-vous eu l’idée de ce projet et quel a été le problème rencontré ?

J'ai toujours voulu entreprendre. J'ai aussi toujours baigné dans cet univers, notamment parce que mes parents étaient restaurateurs. En les voyant gérer leur activité, j'ai compris très tôt qu'entreprendre, ce n'est pas seulement avoir une idée : c'est aussi savoir s'entourer, recruter, trouver les bonnes personnes et avancer avec les bons profils.

Mais je me suis vite rendu compte d'un problème : quand on veut entreprendre, recruter ou collaborer, et qu'on n'a pas encore de réseau solide, c'est très compliqué de trouver les bonnes personnes avec qui travailler.

Je l'ai vu concrètement avec mes parents. Dans la restauration, par exemple, trouver des cuisiniers peut vite devenir très compliqué. Il faut publier une annonce, attendre que quelqu'un réponde, relancer, patienter encore, puis recevoir parfois un CV peu clair, incomplet ou qui ne correspond pas vraiment au besoin. Souvent, les informations importantes ne sont pas directement visibles : il faut chercher, trier, appeler, vérifier, et au final le profil ne convient pas forcément.

Avec un outil comme Nexus, la logique serait différente. Au lieu d'attendre passivement qu'un candidat réponde à une annonce, mes parents auraient pu rechercher directement les cuisiniers disponibles autour d'eux, consulter leur profil, leurs compétences, leur expérience, leur localisation, puis les contacter directement.

C'est exactement ce problème que je veux résoudre avec Nexus : permettre aux utilisateurs de passer d'une recherche passive à une recherche active.

C'est la même chose pour un entrepreneur qui cherche un développeur, un profil marketing, un avocat pour des questions de fiscalité, un freelance ou même un associé. Aujourd'hui, les solutions existantes ne sont pas toujours adaptées. On peut chercher sur LinkedIn, Google ou d'autres plateformes, mais cela revient souvent à chercher une aiguille dans une botte de foin. Il faut trouver la bonne personne, espérer qu'elle soit disponible, qu'elle réponde, et qu'elle corresponde réellement au besoin.

J'ai eu cette idée en 2024, pendant mes études, avec cette envie de créer un outil concret pour aider les gens à entreprendre, recruter, collaborer et développer leur réseau plus facilement.

3.    Aujourd’hui, qui utilise votre solution ?

Aujourd'hui, Nexus s'adresse à des profils très variés.

Il y a d'abord des entrepreneurs qui cherchent à trouver des associés, des partenaires ou des personnes capables de les aider à développer leur projet. À la base, Nexus est justement né de cette idée : faciliter la recherche d'associés. Monter une startup à plusieurs est souvent plus intéressant, mais aujourd'hui, on trouve généralement un associé par hasard, via un ami ou une connaissance. Avec Nexus, je veux rendre cette recherche beaucoup plus accessible.

Il y a aussi des freelances, pour qui Nexus peut devenir une vraie source de visibilité. Par exemple, si une entreprise ou un entrepreneur cherche un motion designer, un développeur, un graphiste ou un consultant, il peut trouver directement un profil adapté et le contacter.

L'application est également utile pour les étudiants, notamment ceux qui recherchent une alternance, un stage, un premier réseau professionnel ou des projets sur lesquels travailler.

Enfin, il y a des entreprises qui peuvent utiliser Nexus pour recruter, trouver des prestataires, identifier des talents locaux ou développer leur réseau.

Ce qui est intéressant, c'est que Nexus n'est pas limité à un seul secteur. On retrouve des profils dans l'informatique, le BTP, la cuisine, le design, le marketing, le développement, ou encore d'autres domaines. Chaque profil peut aussi être exporté sous forme de CV, ce qui rend l'application utilisable par beaucoup de personnes, même au-delà de l'entrepreneuriat.

4.    Quel est le business model ? Est-il amené à évoluer ?  

Aujourd'hui, l'application est gratuite. Les utilisateurs peuvent la télécharger, créer leur profil, consulter des profils, envoyer des liens, contacter certaines personnes et commencer à développer leur réseau.

Le modèle économique repose ensuite sur un système d'abonnement premium. Certaines fonctionnalités avancées seront payantes, par exemple :

- l'accès à des filtres plus précis.
- l'historique des profils consultés.
- l'accès à certaines informations enrichies.
- des options avancées pour les entreprises ou les recruteurs.

L'objectif est de garder une base gratuite accessible, pour que tout le monde puisse utiliser Nexus, tout en proposant des fonctionnalités supplémentaires aux utilisateurs qui veulent aller plus loin.

Le business model pourra évoluer avec le temps, en fonction des usages et des besoins. Si certaines fonctionnalités demandent plus de ressources ou apportent une vraie valeur ajoutée, elles pourront intégrer l'abonnement premium. Mais l'idée générale restera la même : proposer une application accessible, avec des options avancées pour ceux qui souhaitent l'utiliser de manière plus poussée.

5.    Quelles sont les technologies que vous utilisez ?

Nexus est une application mobile développée en React Native, ce qui permet de construire une application compatible avec iOS et Android à partir d'une base de code commune.

Côté serveur, j'utilise un backend en Node.js avec Express, relié à une base de données PostgreSQL. Ce backend gère notamment les utilisateurs, les profils, les compétences, les expériences, les projets, les filtres, les interactions, les connexions et la messagerie.

L'objectif technique est d'avoir une architecture claire, évolutive et suffisamment robuste pour pouvoir accueillir de plus en plus d'utilisateurs et de fonctionnalités à l'avenir.

6.    Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

Aujourd'hui, le besoin principal de Nexus, c'est la visibilité et l'acquisition d'utilisateurs.

Plus il y aura de personnes sur la plateforme, plus le matching sera pertinent. L'intérêt d'un outil comme Nexus dépend beaucoup de la richesse de son réseau. Si un entrepreneur cherche un développeur, un étudiant cherche une alternance ou une entreprise cherche un freelance, il faut qu'il y ait suffisamment de profils pour que chacun puisse trouver la bonne personne.

Mon objectif aujourd'hui est donc que le plus de personnes possible téléchargent Nexus, créent leur profil et commencent à l'utiliser.

7.    Qui sont vos principaux concurrents ? Quelle est votre valeur ajouté ? 

Les principaux concurrents indirects sont des plateformes comme LinkedIn ou Malt.

LinkedIn est aujourd'hui un réseau professionnel très connu, mais il fonctionne beaucoup sur une logique de visibilité passive. Il faut publier, être actif, comprendre l'algorithme et réussir à se faire remarquer. Quand on débute, il peut être très difficile de se faire une place.

Malt, de son côté, est davantage orienté vers les freelances. C'est utile pour trouver des prestataires, mais l'approche reste ciblée sur un type précis de profil.

Nexus se différencie en voulant rassembler plusieurs usages dans un même outil : trouver un associé, recruter, chercher une alternance, contacter un freelance, identifier une entreprise locale, construire son réseau ou collaborer sur un projet.

La vraie valeur ajoutée de Nexus, c'est son approche proactive. Au lieu d'attendre qu'une offre soit publiée ou qu'un post soit vu, l'utilisateur peut chercher directement les bons profils avec des critères concrets : compétences, métier, localisation, disponibilité, type de collaboration, secteur d'activité.

Il y a aussi une dimension locale importante. Aujourd'hui, une entreprise peut ressortir sur Google parce qu'elle est bien référencée ou parce qu'elle a payé pour être visible, même si elle se situe à 100 kilomètres. Avec Nexus, on peut découvrir un freelance, une entreprise ou un talent situé à 5 kilomètres, qui fait peut-être un meilleur travail, à un prix plus adapté, mais qui manque simplement de visibilité.

Nexus veut donc favoriser les rencontres professionnelles utiles, mais aussi l'économie locale.

8.    Où voyez-vous l’entreprise dans un an ?

Dans un an, j'aimerais que Nexus soit beaucoup plus développé, avec une vraie base d'utilisateurs actifs.

L'objectif idéal serait d'atteindre environ 10 000 utilisateurs, même si je sais que c'est ambitieux. Le plus important pour moi est surtout d'aller le plus loin possible, de continuer à améliorer l'application et de créer une communauté qui utilise réellement Nexus pour trouver des opportunités, des associés, des prestataires, des alternances ou des collaborateurs.

J'aimerais aussi que Nexus commence à devenir un réflexe pour certaines personnes : quand on cherche une compétence, un contact professionnel ou une opportunité locale, on pense à Nexus.

À terme, je veux que l'application devienne un outil central de mise en relation professionnelle, en particulier pour les jeunes entrepreneurs, les étudiants, les freelances et les entreprises locales.

9.    Partagez avec nous un moment insolite (succès, échec ou moment fun)

Avant Nexus, j'ai travaillé sur un autre projet d'application : une sorte de psy IA disponible 24 heures sur 24. L'objectif était de proposer un outil capable de réconforter des personnes en difficulté psychologique, avec un système d'alerte si l'utilisateur semblait en danger, afin qu'un professionnel puisse être contacté.

J'ai travaillé sur ce projet avec deux associés, en parallèle de mes études. Au début, l'idée était motivante, mais au fil du temps, je me suis retrouvé seul à avancer sur le projet.

Mes associés étaient officiellement présents, mais dans les faits, ils ne prenaient plus vraiment le temps de travailler dessus. Quand je mettais en place des réunions, il m'est arrivé de me retrouver seul à la réunion. À force, on ne faisait même plus vraiment de réunions, parce que personne ne venait. Et quand on se retrouve à travailler seul sur un projet censé être porté à plusieurs, forcément, ça démotive.

Au bout d'un moment, j'ai décidé d'arrêter le projet. Il ne s'est jamais concrétisé, alors que j'avais déjà passé beaucoup d'heures dessus.

Même si c'était un échec, ça m'a appris quelque chose de très important : bien s'entourer est essentiel. Avoir une bonne idée ne suffit pas. Il faut aussi trouver les bonnes personnes, avec la même motivation, la même vision et surtout la même implication.

Cette expérience a renforcé l'idée derrière Nexus. Trouver les bons associés ou les bonnes personnes avec qui travailler, ce n'est pas un détail : ça peut faire réussir ou échouer un projet.

10.    Si vous aviez un conseil à donner aux entrepreneurs 

Le conseil que je donnerais, c'est de ne rien lâcher.

Un produit n'a pas besoin d'être parfait dès le début. On fait forcément des erreurs, on doute, on reçoit parfois des critiques, mais c'est normal. L'important, c'est d'avancer, de tester, d'apprendre et de s'améliorer.

Il ne faut pas trop se bloquer à cause du regard des autres. Beaucoup de personnes vont critiquer une idée sans jamais avoir essayé d'entreprendre elles-mêmes. Si vous avez un projet, faites-le sérieusement, travaillez dessus, confrontez-le au réel et voyez ce que ça donne.

Au pire, si ça ne marche pas, vous aurez appris énormément. Et si ça marche, vous aurez créé quelque chose qui peut vraiment aider des gens.

Il n'y a pas vraiment de secret : il faut travailler, travailler encore, accepter de tomber, puis se relever. C'est comme ça qu'on avance.
 

 

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