Interview de Rémi Rommelaere, fondateur de SeedAngels
"SeedAngels, c'est le copilote des entrepreneurs qui préparent une levée de fonds ou un financement bancaire. On leur fait gagner plusieurs semaines de travail : en environ une heure, ils ont un business plan, un pitch deck et un prévisionnel financier complet et professionnel. Derrière, il y a une méthodologie construite avec des investisseurs, pour ne rien oublier d'essentiel, et une IA qui va chercher les bonnes données auprès de sources fiables, structure et met en forme les documents, prêts à être partagés."
Tout est parti d'un échange avec mon associé Benjamin. Il cherchait à lever des fonds pour sa startup, une société en croissance avec 10k€ de MRR, mais n'arrivait pas à décrocher des rendez-vous. Non pas par manque de traction, mais par manque de préparation : les documents n'étaient pas au niveau, et ça lui coûtait plus de temps que d'argent levé.
De mon côté, j'investissais dans des startups depuis deux ans et j'avais une solide expérience dans la cession de sociétés. Je voyais exactement ce qui manquait côté investisseur.
On a réalisé ensemble que la vraie valeur d'un entrepreneur pour un investisseur n'est pas dans sa capacité à identifier la bonne méthodologie ou à trouver la bonne information, mais bien dans sa capacité d'analyse, à comprendre son marché et à différencier son offre. Préparer ces documents prenait des semaines et ne créait aucune valeur pour l'entreprise.
"Deux profils principaux utilisent SeedAngels aujourd'hui : des porteurs de projet qui valident la viabilité de leur idée avant de se lancer, et des entrepreneurs dont la société est déjà créée et qui préparent une levée de fonds ou un financement bancaire. Nous avons démarré des premières actions auprès d’incubateurs de réseaux de business angels et d’écoles de commerce pour faire connaître notre application.”
Nous sommes sur un business model Saas classique avec un paiement unique pour accéder à l'ensemble des fonctionnalités de l’outil.
On a développé des agents IA conçus pour fonctionner de manière flexible avec différents moteurs d'intelligence artificielle. Concrètement, à partir des informations saisies par l'utilisateur, l'outil sait quelles données aller chercher et auprès de quelles sources se documenter, des sources fiables et vérifiables uniquement.
L'objectif est que chaque information qui appuie le discours de l'entrepreneur soit tangible et sourcée. Ce n'est pas un outil qui hallucine des chiffres, c'est un outil qui documente rigoureusement."
Le produit a été testé et validé techniquement, on entre maintenant dans une phase de commercialisation. Notre besoin principal aujourd'hui est la visibilité : faire connaître SeedAngels auprès des entrepreneurs qui préparent une levée de fonds ou un financement bancaire.
Concrètement, on cherche à nouer des partenariats avec des incubateurs, des réseaux de business angels et des écoles de commerce. Ce sont les écosystèmes où se trouvent nos utilisateurs naturels. Toute mise en relation ou recommandation dans ces réseaux a donc une vraie valeur pour nous.
"Sur le marché, on trouve des outils de préparation de pitch deck ou de business plan où l'IA génère tout de A à Z, sans même consulter l'entrepreneur, y compris ses prévisions de croissance ou ses marges, comme par exemple Visme ou d'autres agents IA. Autant d'éléments qui seront difficilement défendables en session de pitch, puisque les hypothèses ne reposent sur aucune donnée réelle. Et c'est généralement le fiasco à la première question posée.
On a fait le choix inverse : ne pas générer à la place de l'entrepreneur, mais le guider. Notre outil va chercher les bonnes informations pour lui, études de marché, articles de sources reconnues, les structure et les met en forme, tout en lui expliquant pourquoi chaque élément compte.
Notre valeur ajoutée, c'est ça : rendre l'entrepreneur capable de convaincre son interlocuteur, de défendre ses chiffres et de démontrer qu'il s'est posé toutes les bonnes questions.".
On vise à accompagner les porteurs de projet encore plus loin, et faciliter la mise en relation entre entrepreneurs et investisseurs. Ca passera par le développement de nouvelles fonctionnalités mais la feuille de route est déjà claire pour nous
"Lors d'un de nos premiers entretiens utilisateurs, on cherchait à confirmer les difficultés des entrepreneurs face à une levée de fonds. L'échange a commencé par cette phrase, lancée sans détour :
'Le problème, c'est qu'on nous demande de combien on a besoin, alors que c'est plutôt l'inverse : dites-moi combien vous pouvez me donner, et je vous dirai ce que j'en fais.'
Un seul entretien ne fait pas une étude de marché, mais en quelques secondes, on venait de confirmer l'essentiel : le problème de communication entre entrepreneurs et investisseurs était bien réel, et le besoin de méthodologie, criant."
Mettre des hypothèses sans être capable de les justifier ni de les défendre dans votre prévisionnel vous desservira plus que l'inverse. Bien avoir en tête qu’un investisseur ne finance pas un chiffre, il finance une vision, qui soit en cohérence avec des éléments factuels (données marchés, preuve de concept, etc.) et que vous soyez capable de défendre par des arguments tangibles.
prochain article