#393 - Interview Des Pépites - JourX | Les Pépites Tech

#393 - Interview Des Pépites - JourX

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Les Pépites Tech
16/07/2026

Interview de FALLET Sébastien, fondateur de JourX

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Présentez votre pépite en quelques mots. Quelle est votre proposition de valeur ?

JourX est une application de gestion de budget qui remplace la logique du "budget mensuel" — devenue intenable aujourd'hui avec en moyenne 11 prélèvements automatiques différents par foyer français — par une logique radicalement plus simple : un budget quotidien. Chaque nuit, JourX recalcule automatiquement combien l'utilisateur peut dépenser aujourd'hui, en tenant compte de ce qui a déjà été dépensé et du temps restant jusqu'à la fin du cycle. Un seul chiffre, chaque matin — zéro calcul mental, zéro tableau Excel, zéro surprise le 20 du mois.

Autour de ce cœur quotidien, JourX propose un ensemble de fonctionnalités pensées pour rendre la gestion d'argent moins anxiogène et plus engageante :

  • Un coach IA conversationnel qui comprend le contexte réel de l'utilisateur (budget du jour, historique, objectifs) pour répondre à des questions concrètes ("si je dépense X€, qu'est-ce que ça change ?", "où en est mon objectif vacances ?"), simuler des scénarios, et accompagner sans jamais culpabiliser.
  • Des objectifs d'épargne dynamiques : l'utilisateur choisit comment répartir ses économies entre plusieurs objectifs (vacances, urgence, cadeaux...), avec une jauge qui évolue en temps réel selon son rythme réel de dépense, et se fige définitivement à la validation de fin de cycle.
  • Le Score JourX, un indicateur unique entre 0 et 100 qui résume la santé financière du jour — pas un graphique compliqué à décrypter, un chiffre simple comme une météo personnelle.
  • Un mode foyer connecté, pour partager entre plusieurs membres d'un même ménage la liste de courses et la planification des repas.
  • Un rituel de journal du soir, pour ancrer une réflexion quotidienne sur ses habitudes plutôt qu'un simple suivi de chiffres.
  • Des notifications intelligentes (matin, midi, soir) qui s'adaptent à la situation réelle de l'utilisateur — jamais une fausse bonne nouvelle sur un jour de dépassement, jamais de spam commercial hors sujet.
  • Zéro publicité dans l'application, un choix assumé pour rester un espace de confiance plutôt qu'un canal monétisé par des tiers.

L'idée de fond : la plupart des gens n'ont pas un problème de discipline, ils ont un problème de visibilité. Le solde affiché sur une application bancaire classique est un solde comptable — ce qui s'est déjà passé, pas ce qui va se passer, avec les paiements différés, les prélèvements à venir et les abonnements oubliés qui créent un angle mort permanent. JourX comble exactement cet angle mort, jour après jour.

Comment avez-vous eu l’idée de ce projet et quel a été le problème rencontré ?

J'ai toujours tenu mes comptes sur une feuille Excel que j'avais construite moi-même et que je mettais à jour régulièrement. Mais il y a trois ans, je me suis retrouvé avec un reste à vivre de seulement 500€ au 5 du mois. Je me souviens encore de la peur qui m'a envahi à ce moment-là : peur que ce ne soit pas suffisant, peur de ne pas finir le mois, peur du découvert, peur des impayés.

Alors j'ai fait quelque chose de tout simple : j'ai divisé cette somme par le nombre de jours restants avant ma prochaine paye. Ramené à cette échelle plus petite, le chiffre me paraissait soudain beaucoup moins ingérable. Ce n'était plus "500€ pour tenir le mois", mais "X€ pour tenir aujourd'hui" — un chiffre concret, atteignable, sur lequel j'avais vraiment prise.

Je me suis lancé dans le défi de respecter ce budget quotidien, jour après jour, et même de faire mieux quand c'était possible. Ce qui avait commencé comme une somme qui me terrifiait s'est transformé, à la fin du mois, en une vraie petite économie. C'est cette expérience personnelle, ce basculement de la peur au contrôle, qui a donné naissance à JourX.

 

Aujourd’hui, qui utilise votre solution ?

Depuis le lancement fin juin 2026, JourX compte un premier cercle d'une vingtaine d'utilisateurs actifs réels — essentiellement en France, avec un signal encourageant d'usage naissant à l'international (un utilisateur en Espagne a spontanément configuré ses dépenses et ses objectifs en espagnol). Ces premiers utilisateurs bénéficient d'un accès gratuit à vie, en échange de leur aide précieuse pour identifier et corriger les défauts de jeunesse du produit avant une montée en charge plus large — une vraie phase de co-construction plutôt qu'un simple lancement commercial.

Ce sont majoritairement des personnes qui cherchent à sortir d'une gestion financière source d'anxiété ou de dents de scie, pas nécessairement en grande difficulté, mais fatiguées par l'incertitude permanente sur ce qu'elles peuvent réellement dépenser. Le premier cohort d'essai gratuit de 30 jours arrivera à échéance vers le 23-25 juillet — ce sera le vrai premier indicateur de conversion vers l'abonnement payant.

 

Quel est le business model ? Est-il amené à évoluer ?

JourX repose sur un modèle d'abonnement, avec deux offres pensées pour deux niveaux d'usage.

L'offre de base, à 5,99€/mois (30 jours d'essai gratuit, sans carte bancaire) : l'utilisateur saisit lui-même ses dépenses au fil de l'eau, et JourX calcule chaque nuit son budget quotidien, gère ses objectifs d'épargne, et l'accompagne via le coach IA.

Une seconde offre "connecté", à 8,99€/mois, prévue dans une phase ultérieure : elle ajoutera la connexion en lecture seule à un compte néo-banque, pour automatiser la remontée des dépenses réelles et rendre l'expérience encore plus fluide — sans que l'utilisateur ait à renseigner manuellement chaque transaction.

Le modèle est donc pensé pour évoluer d'une saisie manuelle assistée par l'IA vers une automatisation complète, tout en gardant le cœur du produit inchangé : un chiffre clair chaque jour, pas un tableau de bord à interpréter.

 

Quelles sont les technologies que vous utilisez ?

Côté application, JourX est développée en Flutter, ce qui permet d'avoir une seule base de code pour le web et les futures versions mobiles — pratique pour un solo founder qui doit avancer vite sur plusieurs fronts à la fois.

Le cerveau du produit tourne sur un serveur Node.js, avec une base de données PostgreSQL qui stocke toutes les informations budgétaires de façon sécurisée. Le site vitrine, lui, est construit avec Next.js, un framework moderne très utilisé pour des sites rapides et bien référencés.

Le coach conversationnel s'appuie sur l'intelligence artificielle d'OpenAI (la même famille de technologie que ChatGPT), adaptée spécifiquement pour comprendre le contexte financier réel de chaque utilisateur plutôt que de donner des réponses génériques.

Pour les notifications et l'infrastructure, JourX utilise des briques reconnues du secteur : Firebase pour les alertes en temps réel, Stripe pour les paiements, et un hébergement cloud moderne pour garantir disponibilité et rapidité.

En résumé : une stack technique classique et éprouvée dans la tech actuelle, choisie avant tout pour sa fiabilité et sa capacité à évoluer vite — pas pour l'effet de mode.

 

Quels sont vos besoins aujourd’hui ?

Aujourd'hui, notre besoin principal est la visibilité. JourX fonctionne, résout un vrai problème, et les premiers retours utilisateurs le confirment — mais nous ne touchons encore qu'un cercle restreint de personnes. Nous cherchons à nous faire connaître auprès du plus grand nombre possible de foyers et de personnes qui souhaitent sortir de l'anxiété financière — celles et ceux qui redoutent d'ouvrir leur application bancaire, qui vivent avec la peur constante du découvert, ou qui n'ont simplement jamais trouvé d'outil qui leur parle vraiment.

Chaque nouvelle personne qui découvre JourX est une occasion de l'aider concrètement à retrouver de la sérénité au quotidien — c'est exactement pour ça qu'une tribune comme Les Pépites Tech compte énormément pour nous en ce moment.

 

Qui sont vos principaux concurrents ? Quelle est votre valeur ajouté ?

Il n'existe pas vraiment de concurrent direct sur ce positionnement précis. La plupart des outils de gestion financière — applications bancaires, agrégateurs de comptes — sont réactifs : ils vous montrent ce que vous avez déjà dépensé, après coup, avec des graphiques et des soldes historiques.

JourX se positionne différemment, en amont : nous sommes proactifs. JourX ne dit pas combien vous avez dépensé hier, il dit combien vous pouvez dépenser aujourd'hui. Cette bascule du constat vers la décision, c'est notre vraie valeur ajoutée — pas une fonctionnalité de plus dans un marché déjà saturé, mais une façon différente d'aborder le problème.

 

Où voyez-vous l’entreprise dans un an ?

J'espère sincèrement que nous serons loin, avec des milliers de personnes qui utilisent JourX au quotidien pour reprendre le contrôle de leur budget.

Il reste encore énormément de fonctionnalités à construire, et j'ai fait un choix assumé pour la suite : plutôt que de décider seul de tout ce qui viendra ensuite, je veux laisser une vraie place aux utilisateurs de JourX dans la construction du produit. Ce sont eux qui vivent le quotidien de l'application, qui savent le mieux ce qui leur manque et ce qui leur ferait vraiment gagner en sérénité. Dans un an, j'imagine JourX non pas comme une application que j'aurais imaginée seul dans mon coin, mais comme un outil façonné en partie par sa propre communauté — construit avec et par les gens qu'il aide vraiment.

 

Partagez avec nous un moment insolite (succès, échec ou moment fun)

N'étant pas développeur à l'origine, j'ai commencé l'aventure JourX avec un outil no-code, Thunkable. Ça a très vite montré ses limites — impossible d'aller au bout de ce que j'avais en tête. J'ai alors demandé des devis à des équipes de développement classiques : jusqu'à 100 000€ pour certains. Hors de question d'abandonner pour autant.

Je suis parti à la recherche de développeurs plus accessibles, et j'ai trouvé une équipe au Pakistan prête à développer JourX en Flutter natif pour moins de 3000€. On a avancé, l'app a atteint 80% de développement... et l'équipe m'a lâché en arrivant à la limite de ses compétences, au moment précis d'attaquer la couche IA. Cette période a été particulièrement éprouvante — des allers-retours incessants, des retours en arrière, malgré un cahier des charges pourtant très complet de mon côté.

Après avoir soufflé un peu, j'ai retenté ma chance en développant JourX moi-même en HTML hébergé. Ça n'a pas tenu la route non plus, mais j'ai énormément appris à cette occasion. C'est finalement en reprenant tout à zéro en Flutter, seul, que j'ai enfin réussi à faire sortir JourX.

Trois années comme ça, avec des moments où j'ai sérieusement failli envoyer l'ordinateur par la fenêtre. Mais à force de persévérance, de croyance dans ce concept, et avec le soutien indéfectible de ma femme tout au long de cette aventure, JourX a fini par exister.

 

Si vous aviez un conseil à donner aux entrepreneurs

Ne laissez jamais un obstacle technique ou financier décider à votre place si votre projet mérite de vivre. J'ai traversé un outil no-code qui plafonnait, des devis à six chiffres, une équipe de développement qui a lâché en plein milieu du projet — à chaque étape, j'aurais pu conclure que ce n'était "pas fait pour moi" ou que le projet n'était pas viable. Ce n'était jamais le cas : c'était juste la mauvaise méthode, au mauvais moment, avec les mauvaises ressources.

Le vrai travail d'un entrepreneur, surtout quand on n'a pas toutes les compétences au départ (dans mon cas, le développement), c'est d'essayer, d'échouer, d'en tirer une leçon concrète, et de recommencer différemment — autant de fois qu'il le faut. Ce n'est pas la ligne droite qui compte, c'est de ne jamais s'arrêter d'apprendre en chemin.

 

Retrouvez JourX ici


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